Optimiser l’alimentation hivernale des vaches

Hé oui, l’hiver arrive! Comment sera-t-il possible d’optimiser l’alimentation des vaches?

La théorie

Première étape: prendre mes analyses de fourrages. J’en ai besoin, car chaque groupe d’animaux doit être alimenté en fonction de son cycle de production (lactation, taries ou transition).

L’alimentation d’un ruminant commence par celle des bactéries du rumen; c’est la raison pour laquelle il faut respecter un ratio énergie : protéine (tableau 1). Si un déséquilibre existe, la flore bactérienne du rumen ne réussit pas à optimiser l’assimilation des nutriments des fourrages.

Prenons comme exemple une vache tarie gestante, hivernée à l’extérieur, qui reçoit un fourrage de pauvre qualité (< 9,5 % P.B.) et du maïs ensilage (9,5 % P.B.). Malgré une énergie élevée sur papier, le manque de protéines empêchera les bactéries d’aller « chercher » cet apport théorique. Le beau côté de l’histoire, c’est qu’une correction en protéine est facile à effectuer et peu coûteuse dans la plupart des cas. Mais comment y arriver sans analyses de fourrages et programme alimentaire?

Imaginez maintenant les besoins de cette même vache lors d’une journée à -20°C avec un vent de 30 km/h (graphiques 1 et 2). Curieusement, le vent affecte beaucoup plus les animaux que les températures froides. Simplement parce qu’en plus de l’augmentation des besoins en énergie, le comportement est modifié : quand il vente, les animaux passent moins de temps à la mangeoire! Par exemple, avec un vent de 35 km/h et une température de -10 °C, la vache a un déficit en énergie d’entretien de 10 Mcal, ce qui signifie une perte de poids de presque 1,8 kg.

L’ajout de brise-vent et un apport régulier si on veut diminuer le coût d’alimentation hivernal (voir aussi l’article Confort et GMQ : inséparables!, page 6).

En pratique

Outre le stade physiologique et les besoins théoriques, il y a la « ration dans la panse ». Les aliments sont-ils vraiment disponibles en tout temps, et ce, pour tous les animaux? Rappelons que si un animal doit consommer 10 % plus d’aliments, il passera 10 % plus de temps à la mangeoire et abondant de litière sont donc essentiels et « volera du temps » à d’autres. Pour des vaches gardées à l’extérieur, beaucoup plus d’espace-mangeoire sera nécessaire en hiver qu’en été.

Continuons. Les presses modernes à « coeur dur » facilitent peut-être la vie des producteurs, mais compliquent drôlement celle des vaches. Si les balles ne sont pas « rotocut » ou déchiquetées, les repas sont plus difficiles. Il faut aussi penser que par temps froid, une balle d’ensilage le moindrement humide est un excellent accumulateur de froid qui risque de geler une fois mise dans la mangeoire. Ce fourrage est alors beaucoup plus long à consommer et à digérer.

Comme dernier point, assurez-vous que votre troupeau ait toujours accès à de l’eau propre en quantité suffisante; cela permet, à la rigueur, de le réchauffer. La neige, ça convient bien aux animaux les plus forts, mais très peu aux plus faibles!

Un peu de minéral aussi

En hiver, l’apport vitaminique naturel est souvent faible. Dans la majorité des cas, il faut supplémenter. C’est généralement la même chose pour les minéraux majeurs et oligo-éléments. Comptez 100 g/vache/jour de Minéral Opti Boeuf Vaches-Veaux ou Pro-Bloc Boeuf ou Minéral Transi Boeuf.

L’hiver n’est pas la saison la plus facile pour nos animaux. Un programme alimentaire, théorique et pratique, adapté à leurs besoins et appliqué dès le début assurera une utilisation efficace de vos aliments. Parlez-en à votre expert-conseil.

Bon hiver!

Température critique en hiver

Les bovins sont bien adaptés à nos climats. À l’intérieur d’une échelle de température, ils ne dépensent pas d’énergie pour se réchauffer ou se refroidir.

Cependant, en deçà de la température critique inférieure, l’animal utilise son énergie (augmentation de la consommation ou graisses corporelles) pour se réchauffer; celle-ci n’est plus disponible pour le gain, la gestation ou même l’entretien. Grosso modo, pour chaque degré Celsius sous la température critique, les besoins d’énergie d’entretien augmentent de 2 %.

Des modèles permettent d’établir précisément les températures critiques inférieures. Dans le tableau ci-dessous, on constate qu’on sous-estime énormément la quantité d’énergie nécessaire pour passer l’hiver. Par exemple, un animal portant un pelage d’hiver souillé à 33 % de sa surface combat le froid bien avant le point de congélation. Son hiver sera long!