L'alimentation à la dérobée: quand et pourquoi?

L’alimentation à la dérobée est la manière d’alimenter les veaux dans un endroit inaccessible aux vaches. Il y a deux principales phases à considérer pour la dérobée : les veaux âgés de moins de trois mois et les veaux de quatre mois et plus. Comme les veaux au Québec ont souvent plus de trois mois en juillet, je vais me concentrersur ces derniers.

Première question

L’alimentation à la dérobée augmentera-t-elle le gain des veaux ? Oui ! Est-cela façon la plus efficace ? Pas nécessairement!

En fait, rien ne peut remplacer un pâturage abondant et de qualité pour faire du gain puisque les vaches font beaucoup de lait. Donc, si le pâturage est excellent, alimenter à la dérobée n’est pas nécessairement efficace. Mais si la qualité ou la quantité de pâturage est faible ou moyenne, alimenter les veaux à la dérobée devient une option très intéressante ! (voir le tableau 1).

    

On peut le regarder d’une autre façon. En ordre de préférence, les veaux consomment du lait, de la moulée et, finalement, des fourrages. Donc, moins les veauxconsomment d’herbe et plus il y en a pour les vaches, et plus ces dernières produiront du lait. Le ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan et l’université d’État de l’Oregon estiment que chaque 0,5 kg de moulée consommé par un veaudiminue sa consommation de fourrages de 0,25-0,5 kg, sur une base de matière sèche. Cela veut dire que si 15 veaux mangent chacun 1 kg de moulée par jour, il y a économie de 7 à 15 kg de matière sèche – fourrages, soit la moitié de la consommation d’une vache par jour, ce qui est significatif.

Contrôler la coccidiose

Un autre avantage est la possibilité de rajouter un anticoccidien à l’aliment de dérobée. Les coccidies sont présentes dans la plupart des fermes et dans le tube digestif de la majorité des animaux. Dans leurs cycles, les coccidies produisent des oeufs qu’on appelle des oocystes, qui se retrouvent dans le fumier. Ces oocystes sont ensuite ingérés par les autres animaux et le cycle se poursuit.

En fin d’été et au début de l’automne, on regroupe souvent les animaux dans les sites où la densité est plus élevée. Dans ces endroits, le risque de contamination augmente beaucoup. La meilleure façon de réduire la présence des coccidies à la ferme est d’administrer, au sevrage, une moulée médicamentée comme la Déroboeuf 15 % Deccox ou Bovatec (ordonnance vétérinaire requise).

Les vingt premiers jours après le sevrage sont une période stressante pour les veaux. Un veau qui mange peu ne fait que peu de gain et a un système immunitaire plus faible. Il est donc plus à risque de contracter une maladie. Dan Loy, spécialiste de l’université d’État de l’Iowa, suggère qu’un animal qui ne recevrait que du lait et des fourrages peut prendre une à deux semaines pour s’ajuster à d’autres aliments. Un animal qui a déjà consommé de la moulée avant le sevrage aura une transition, à d’autres aliments que le lait de sa mère, beaucoup plus rapide. Ce veau perdra moins de poids et recommencera à faire du gain plus rapidement. Avec les prix de vente élevés, un gain supérieur pendant cette période se traduit par un meilleur profit pour l’entreprise.

Avec l’alimentation de dérobée, on cherche à compenser un manque de lait, un aliment riche en protéine (25 % sur base M.S.) et en calcium. Si on ne sert que des grains, on manque son coup, puisque ces derniers contiennent peu de protéine et sont une très mauvaise source de calcium.

La Coop offre deux produits minéralisés et spécialement formulés pour l’alimentation à la dérobée. La Déroboeuf est un aliment complet qui peut être servi seul. Le supplément Opti Boeuf PSP PC est conçu pour être mélangé, selon différents ratios, avec d’autres grains disponibles à la ferme (avoine, orge, maïs). Ces deux produits contiennent aussi du sélénium organique qui aide au bon fonctionnement du système immunitaire.

Effet potentiel sur les vaches

Généralement, les vaches dont les veaux ont consommé à la dérobée sont en meilleure condition de chair quand l’hiver arrive. Les vaches en mauvaise condition auront besoin de plus de fourrages pour améliorer leur état avant le vêlage. Selon une étude réalisée entre 1997-2000, par le ministère de l’Agriculture de l’Alberta, l’université de l’Alberta et d’autres membres de l’industrie, les vaches qui ont commencé l’hiver en mauvaise condition ont coûté entre 0,40 $ et 0,50 $/tête/jour de plus à alimenter que les vaches en bonne condition. Ceci n’est peut-être pas le premier critère à considérer quand on pense à la dérobée, mais ça vaut la peine d’y penser si les inventaires de fourrages sont bas.

Enfin, plusieurs personnes disent que tous les veaux se vendent cher. Oui, effectivement. Sauf que lors des encans de l’hiver et du printemps derniers, l’écart de prix pour des veaux d’une même strate était souvent de 0,50 $–0,60 $/lb. En d’autres mots, une différence qui pouvait atteindre 300 $ entre les veaux les plus et les moins désirables. C’est énorme ! On sait aussi qu’habituellement, plus un groupe de veaux est uniforme, plus le prix de vente est élevé. Or, l’alimentation à la dérobée vous aide à produire des lots de veaux plus uniformes puisque les veaux de taures ou de vaches moins laitières mangeront davantage à la dérobée, et rattraperont donc les veaux de mères plus laitières.

Peu importe votre raison de considérer l’alimentation à la dérobée, votre expertconseil de l’équipe Opti Boeuf peut vous aider à déterminer lequel de nos produits serait idéal pour votre entreprise !