Doubler le revenu par acre de pâturage, ça vous tente?

     

Vous avez bien lu. Une gestion efficace et rigoureuse des pâturages renferme un grand potentiel souvent inexploité. La lecture de ce qui suit vous en révèlera une partie.

Pâturage en bandes

Le pâturage constitue la source de fourrage la plus économique pour la production vaches-veaux, en autant qu’il y ait du rendement et que l’utilisation de l’herbe soit maximisée. Le pâturage en bandes, dont le principe est d’offrir aux animaux une nouvelle bande d’herbe à tous les jours constitue la méthode qui permet le meilleur taux d’utilisation de l’herbe (tableau 1).

    

Concrètement, qu’est-ce que ça représente?

Dans les années ’90 en Ontario, des chercheurs ont mené pendant 3 ans une étude qui comparait les performances de couples vaches-veaux sur pâturage en rotation (6 parcelles) ou  pâturage en bandes (128 mini-parcelles). Comme le montre le tableau 2, les vaches qui étaient dans un pâturage en rotation ont perdu du poids et de la condition de chair et leur production laitière était moindre. Les vaches au pâturage en bandes ont maintenu leur condition de chair tout en prenant un peu de poids et en ayant une bonne production de lait. De plus, leur taux de conception était meilleur.

   

Ces résultats se sont aussi reflétés sur les veaux (tableau 3) : le GMQ des veaux sur pâturages en bande était 10 % plus élevé et ils pesaient 75 lb de plus à l’âge de 200 jours. 

    

On peut probablement attribuer ces résultats à 3 facteurs :

  • meilleur taux d’utilisation de l’herbe
  • déplacements des animaux beaucoup plus courts
  • longue période de repos pour chacune des bandes (plus de 60 jours)

En $, ça donne quoi?

Supposons un pâturage de 100 acres. Le tableau  4 présente les résultats d’une simulation qui utilise les chiffres  de l’étude ontarienne, en comparaison des résultats de la banque de données du PATBQ (2008). Ainsi, le nombre de couples vaches veaux qu’on peut nourrir dans le même espace est quasiment 2 fois plus grand pour les pâturages en bandes. De plus, comme le GMQ des veaux est aussi plus élevé, le poids total de veaux produits sur la même surface double. 

   

Quant au revenu, en utilisant une moyenne de 2,25 $/lb, le pâturage en bandes génère 58 243 $ de plus pour une superficie de 100 acres. Une amélioration notable qui défraie amplement le travail supplémentaire requis.  

   

Fertilisation

On peut aller encore plus loin. La quantité et la qualité de l’herbe produite dans un pâturage est lié à la nature des espèces présentes et à leur fertilisation. Dans la plupart des cas, la population est fortement composée de graminées; le rendement de celles-ci  est fortement influencé par la fertilisation azotée.

Le tableau 5 montre les résultats d’un essai qui a été mené à La Pocatière de 2011 à 2013. Une application de 50 kg/ha N (110 kg urée) au printemps sur une prairie de graminées a amené  une augmentation de rendement de 1400 kg/ha (+85 %) par rapport à un témoin qui ne recevrait aucune fertilisation. Encore mieux,  une application fractionnée de 50 N - au printemps (urée) et de 50 N après chaque coupe (urée) a permis d’obtenir un rendement de 4498 kg de matière sèche par hectare, soit 178% plus élevé que le témoin sans fertilisation.

    

La mise en application!

Pour ceux qui appliquent déjà ce type de régie, je ne peux que vous encourager à continuer. Pour les autres, même si  les chiffres seront possiblement différents, la possibilité d’améliorer la situation présente est bien réelle.

Pour plus d’informations, parlez-en à votre expert-conseil Opti Boeuf.