Colostrum : jamais assez, souvent trop tard!

Si vous lisiez quelque part « En ce qui a trait au colostrum, la nature perd dans 44 % des cas », seriez-vous surpris? Il s’agit du titre d’un article suffisamment accrocheur pour que je vous en parle un peu.

Par Marie-Christine Fauteux, agronome, M. Sc., Opti Boeuf S.E.N.C.

Révisons les rôles du colostrum :

1. Réchauffer le veau;

2. Fournir une grande quantité de nutriments;

3. Assurer la totalité de l’immunité du veau pendant ses premières semaines de vie.

Concernant le troisième rôle (on reviendra sur les deux premiers dans le prochain Magazine Opti Boeuf), il faut savoir que le placenta ne permet pas le transfert d’anticorps (IgG) au fœtus. À la naissance, le veau possède un système immunitaire opérationnel qui ne deviendra fonctionnel que vers l’âge de 3 à 6 semaines (Franklin, 2004). Pendant cette période, il n’y a que les anticorps transférés par le colostrum (immunité passive) qui protègent le veau contre les bactéries et les virus.

Réussir le transfert d’immunité passive

Ici, deux notions sont importantes : le temps et la quantité. La capacité qu’a l’intestin d’assimiler les IgG décroît rapidement. Douze heures après la naissance, la capacité d’absorption a diminué de 50 % et après 24 heures, l’assimilation est pratiquement nulle (figure 1). De plus, on considère que le veau doit boire au moins 4 litres de colostrum au cours des 12 premières heures suivant sa naissance.

Ça semble simple, sauf qu’on peut se demander si ça fonctionne toujours. Un résumé d’une étude réalisée avec 2500 veaux laitiers, répartis dans 50 fermes, a démontré que 44 % des veaux qui tétaient leur mère de façon volontaire échouaient au test du transfert d’immunité passive (Elizondo-Salazar, 2015)! Tandis que dans un autre cas, 756 veaux ayant reçu presque 6 litres de colostrum « à la main » dans leurs 12 premières heures de vie ont réussi le test à 97 % (tableau 1). Toute une différence!

Les résultats de cette étude « terrain » confirment bien les chiffres de 30 % d’échec de transfert rapportés dans le boeuf (Jarmuz, 2001). C’est là que 1 litre de Colostrum Bovin Déshydraté (disponible à votre coopérative), devient une excellente solution de rechange pour un minimum de 25 % des veaux naissants. Il ne contient que du colostrum bovin de première et de deuxième traite, en plus d’avoir d’autres avantages :

• Facilité et rapidité d’emploi;

• Valeur alimentaire constante;

• Destruction des organismes pathogènes lors de la déshydratation.

En conclusion, rappelez-vous que ce n’est surtout pas parce qu’un veau tète qu’il boit! À moins de donner le colostrum au biberon, il est impossible de connaître la quantité réellement consommée. Heureusement, vous pouvez faire la différence.

Dans le prochain numéro, je parlerai de l’impact du colostrum sur le gain de poids des veaux.

« Ici, chaque année, plus de 320 vaches vêlent entre le 1er mars et le 15 avril. Nous ne prenons aucune chance à la naissance. Par exemple, si nous avons un doute qu’un veau n’a pas bu dans ses deux premières heures de vie, nous lui donnons du Colostrum Bovin Déshydraté sans nous poser davantage de questions. C’est facile et rapide à utiliser pour tout le monde, y compris nos employés. C’est l’un des moyens qui nous permettent d’obtenir un taux de survie de plus de 96 % pendant cette période très intense.»

Simon Godbout, Ferme Godbout SENC, Poularies, Abitibi, Propriétaires : Jean-Guy, Lise, Nancy et Simon Godbout, 475 vaches An X Sim, Production de veaux semi-finis et femelles de reproduction

 « Un aspect du Colostrum Bovin Déshydraté que nous apprécions, c’est son côté sanitaire. La  déshydratation détruit les organismes pathogènes qui sont toujours présents dans un colostrum congelé. Comme c’est simple et rapide à préparer, on n’hésite pas à en faire un usage fréquent. Ça fait une grosse différence sur la vigueur et le taux de survie des veaux. Pour nous, il s’agit d’un outil de premier plan. »

Guillaume et Étienne Barrette

Ferme Barrette et Frères S.E.N.C, Saint-Edmond-les-plaines, Lac Saint-Jean 250 vêlages en mai et juin